Benoît Hamon

49 ans • Parti Socialiste

Ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire et à la Consommation puis ministre de l'Éducation nationale entre 2012 et 2014, député des Yvelines, Benoît Hamon est le candidat de la Belle Alliance Populaire désigné par les primaires citoyennes des 22 et 29 janvier 2017.

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programme

Un modèle social entre révolution du travail et santé solidaire

Le travail et les parcours professionnels 

Benoît Hamon souhaite abroger la « Loi Travail » et rétablir la prévalence du Code du travail sur les conventions et accords collectifs négociés par les partenaires sociaux.

Il veut aussi inciter financièrement les entreprises à valoriser la réduction du temps de travail. Cette réduction pourrait prendre des formes multiples (semaines de 4 jours, congé sabbatique, temps partiel), mais la durée légale de travail n’en sortirait pas modifiée.

Le candidat propose d’adopter un revenu universel d’existence atteignant, à terme, 750 euros.

Enfin, Benoît Hamon souhaite lutter contre le « salariat déguisé des entreprises ubérisées ».

Notre système de protection sociale 

Benoît Hamon affirme son attachement aux valeurs universelles de notre modèle social. Estimant que « la meilleure assurance santé […], c’est la sécurité sociale », il entend sanctuariser les financements alloués à l’institution et mettre un terme aux politiques d’allègements de cotisations sociales.

Les sujets de société : les points saillants 

Le candidat souhaite mettre en place un « service public du soutien scolaire » pour donner à tous des chances égales de réussite. La création d’un service public de la petite enfance fait également partie de ses propositions.

Benoît Hamon promet de faire sortir la France du diesel à l’horizon 2025, et de constitutionnaliser les biens communs que sont l’eau, l’air, la terre et la biodiversité.

Il propose également de créer un « visa humanitaire », et se prononce pour une vision ouverte de la laïcité.

La santé : l’essentiel 

Les propositions du candidat s’articulent autour de 3 axes principaux : la création du « médecin généraliste Ville-Hôpital » ; le renforcement des politiques de prévention, notamment en santé environnementale ; et le soutien à l’Hôpital public.

Financement de la protection sociale

financement de la protection sociale

Benoît Hamon préconise une réforme fiscale d’ampleur qui comprendrait : une refonte de l’impôt sur le revenu, fusionné avec la CSG ; une taxe sur les robots intelligents ; et plus largement le transfert des cotisations patronales assises sur le travail vers une taxe sur la valeur ajoutée générée par les entreprises ou sur leur chiffre d’affaires.

Financement de la protection sociale

financement de la protection sociale

Benoît Hamon préconise une réforme fiscale d’ampleur qui comprendrait : une refonte de l’impôt sur le revenu, fusionné avec la CSG ; une taxe sur les robots intelligents ; et plus largement le transfert des cotisations patronales assises sur le travail vers une taxe sur la valeur ajoutée générée par les entreprises ou sur leur chiffre d’affaires.

accès aux soins

accès aux soins

Concernant l’accès aux soins, Benoît Hamon se dit favorable à la généralisation du tiers payant.
Il entend également supprimer les franchises médicales et les participations forfaitaires dès le 1er janvier 2018 pour les assurés en ALD, et dès 2020 pour l’ensemble de la population.

Pour lutter contre les déserts médicaux, il souhaite créer une « mission nationale d’accès aux soins » intégrée à chaque Agence régionale de santé ainsi qu’un nouveau statut de « médecin généraliste ville / hôpital ». Il veut aussi développer les maisons de santé pluridisciplinaires.
Benoît Hamon propose de créer une garantie service public universelle, qui pourra être opposée à toute fermeture d’établissements ou de services de santé de proximité. Le candidat souhaite ainsi que chaque bassin de vie se voit garantir un panier de services publics à moins de 30 minutes.
Pour « en finir avec l’inégale répartition des soins de premier recours sur le territoire », il juge intéressant de ne plus autoriser le conventionnement des médecins qui s’installeraient dans une zone déjà fortement dotée. Le candidat indique toutefois qu’il croit davantage aux mesures incitatives que coercitives dans ce domaine. Sur ce point, il précise : « L’installation de médecins supplémentaires dans les zones déjà sur-dotées n’ouvrira pas le droit au conventionnement automatique par l’Assurance Maladie. Cela ne concernera pas des régions ou des départements pris globalement, mais des territoires plus restreints, définis par la concertation (…) et permettant une analyse fine de l’offre de soins ».

Le candidat souhaite enfin rediscuter la tarification à l’activité au sein des hôpitaux qui, selon lui, organise une concurrence entre les établissements.

Concernant la rémunération des professionnels de santé, Benoît Hamon souhaite réduire les dépassements d’honoraires et ne pas simplement en limiter l’augmentation comme cela a été le cas avec les dispositifs précédents. Les modalités seront définies par les partenaires conventionnels et les organismes complémentaires. Dans les zones et spécialités où l’accès à des soins sans dépassement d’honoraires est insuffisant, les nouvelles installations ne seront possibles qu’en secteur 1.

Benoît Hamon propose de sortir l’AME du régime dérogatoire actuel, pour l’intégrer à la protection universelle maladie (PUMa).

Il souhaite garantir l’accès automatique à une couverture maladie universelle, fusionnant l’AME, la CMU-C et l’ACS. Ce nouveau régime unique proposé par le candidat serait accessible aux personnes suivantes : les étrangers résidant en France depuis plus de 3 mois ; les personnes éligibles à la CMU-C et à l’ACS ; et progressivement à tous ceux dont les revenus dépassent les plafonds, moyennant une cotisation modeste.
La mise en place de ce nouveau régime doit permettre, selon le candidat, d’accéder aux soins sans aucun obstacle financier, contrairement au plafonnement du reste à charge qu’il estime peu compatible avec la dimension universelle de l’Assurance maladie.

complémentaire santé

complémentaire santé

Benoît Hamon propose que les aides publiques servant à financer l’accès à ce type de couverture puissent bénéficier de façon égale aussi bien aux salariés du secteur privé, qu’aux fonctionnaires, retraités, étudiants et chômeurs de longue durée. Il déclare que son choix ne serait pas de dégrader l’existant pour les salariés mais plutôt d’accepter un coût supplémentaire, progressif, pour étendre l’aide à la complémentaire santé aux autres catégories précitées.

Le candidat est opposé à la fois à un désengagement de l’assurance maladie et à un reste à charge zéro sur les lunettes, le dentaire ou l’audioprothèse. Le remboursement à 100% pourrait entretenir, selon lui, « la rente des fabricants et de ceux qui facturent très cher des prothèses auditives ou dentaires et des lunettes. ». Il plaide pour une plus grande transparence sur le coût des prothèses dentaires et auditives et pour le rééquilibrage des tarifs des dentistes.
Benoît Hamon milite davantage pour une baisse des prix et des marges dans le secteur de l’optique et de l’audioprothèse. A ce titre, il propose notamment de mener et de rendre publiques des études qualitatives, de plafonner les remboursements par les AMC dans les contrats responsables et de taxer significativement les sur-complémentaires.
Pour le secteur dentaire, il propose plus particulièrement d’imposer la transparence sur les prix et de fixer des prix plafonds ainsi qu’un taux de marge maximum.

Benoît Hamon estime par ailleurs que les organismes complémentaires doivent servir d’interface entre les professionnels et les offreurs de soins, pour négocier collectivement les meilleurs prix pour leurs adhérents.

santé du futur

santé du futur

Benoît Hamon souhaite garantir un meilleur accès aux données publiques et mener une politique d’open data et de transparence des données publiques.

Concernant la télémédecine, le candidat souhaite son développement « pour répondre à des besoins ponctuels et non pour suppléer à la carence de praticiens, notamment généralistes dans les déserts médicaux. L’hôpital pourra être le support de ce développement, la télémédecine étant un enjeu fort des projets médicaux partagés des groupements hospitaliers de territoire. ».

médicament

médicament

La politique du médicament doit, selon Benoît Hamon, être plus transparente dans son évaluation, et dans la fixation du prix des traitements. Le candidat défend par ailleurs un système de « licences d’office » pour « rendre générique immédiatement un médicament dont nous jugeons qu’il est indispensable ».

demain le travail

demain le travail

Son programme s’articule sur une grande mutation des conditions de travail : instauration « d’un droit inconditionnel au temps partiel » accompagné d’une compensation salariale ; reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle ou encore instauration d’un droit universel à la formation tout au long de la vie.
Afin de lutter contre le « salariat déguisé des entreprises ubérisées », Benoît Hamon souhaite requalifier les « collaborateurs » en salariés bénéficiant de droits et de protections.
La création d’un statut social de l’actif doit, quant à elle, permettre de « dépasser la distinction entre salariat et travail indépendant ». En ce sens, il prône notamment la suppression du régime social des indépendants (RSI), et la création d’une protection chômage de base pour tous les indépendants.

Pour le candidat socialiste, l’instauration d’un revenu universel d’existence permettrait d’« éradiquer la grande précarité et de contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre ». Le RUE serait mis en place de façon progressive, de la façon suivante :
- Une première étape consisterait à automatiser le versement d’un RSA, revalorisé à 600 €, à tous les Français pauvres
- Une deuxième étape étendrait, dès le 1er janvier 2018, le RUE à tous les travailleurs, quel que soit leur statut (salarié ou non, jeunes de 18 à 25 ans, etc.). Tous ceux qui perçoivent un salaire net en-deçà de 1,9 SMIC mensuel seraient concernés.
- Une troisième et dernière étape, verrait la généralisation du RUE à tous, et son augmentation de 600 à 750 euros.

Le coût des 2 premières étapes est estimé par le candidat à 35 milliards d’euros.

prévention, santé et environnement

prévention, santé et environnement

Le candidat socialiste fait de la prévention un axe fort de son programme santé.
Ses propositions s’intéressent à la lutte contre l’alcoolisme, le tabagisme, les effets des pesticides ou les perturbateurs endocriniens – à travers le lancement d’une grande conférence nationale « Ecologie / Prévention / Protection / Santé » –, à la création d’un grand plan national « sport et santé », à la santé au travail. Dans le cadre de la promotion de la santé à l’école, le candidat souhaite remplacer la « Semaine du goût », créée selon lui par les lobbies de l’agroalimentaire, par la « Semaine de la nutrition et du goût ».
Benoît Hamon formalise par ailleurs des propositions dans un plan national « alimentation et santé publique ».

Benoît Hamon entend légaliser le cannabis, et encadrer sa commercialisation. Il propose de consacrer les « 568 millions d’euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention ».

maintien de l'autonomie

maintien de l'autonomie

Benoît Hamon souhaite encourager la création de places dans les EHPAD publics, mais aussi dans les EHPAD créés par l’économie sociale et solidaire (associations, fondations et mutuelles). Quant au financement de la dépendance, le candidat se déclare opposé à la création d’une journée de solidarité, sa préférence allant à l’intégration obligatoire d’une « assurance dépendance » dans les complémentaires santé et prévoyance, comme le font déjà certaines mutuelles.

Le candidat entend augmenter de 10% le minimum vieillesse.
Ses propositions pour le « bien vieillir » s’articulent autour des points suivants :
- L’adaptation de la société au vieillissement : le candidat souhaite mettre en œuvre un plan de 150 000 logements adaptés sur 5 ans en développant le micro-crédit à taux zéro et en élargissant le crédit d’impôt. Le lancement d’un plan « domotique et nouvelles technologies » fait également partie de ses propositions.
- Les familles et les aidants : Benoît Hamon propose d’instaurer un référent pour chaque famille au sein des institutions en charge de la perte d’autonomie. Il entend également renforcer le statut d’aidant en direction des conjoints de malades d’Alzheimer.
- Bien vieillir à domicile ou en EHPAD : le candidat souhaite augmenter l’APA de 30%, et créer une allocation unique « bien vieillir en EHPAD », dégressive avec le revenu, afin de permettre aux familles modestes de réduire le coût des séjours.
- Le panier de services publics « bien vieillir » : accessible à tous à moins de 30 minutes, le panier regrouperaient un service d’accueil de jour Alzheimer, un EHPAD, un SSAD et un point conseil.

Les propositions de Benoît Hamon concernant la prise en charge de la dépendance représentent un investissement de 3 milliards d’euros en année pleine. Selon le candidat, il s’agit d’un investissement fortement créateur d’emplois, en EHPAD ou à domicile.

l'essentiel

Infographie Candidat

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