Mutuelles étudiantes : ensemble pour une prévention individualisée

Le 21 février dernier au palais Brongniart, la Fédération nationale de la Mutualité française réunissait les candidats à l’élection présidentielle et a pu déplorer la relative absence de la jeunesse des programmes en matière de santé, si ce n’est pour évoquer la prévention, mais sans appréhension globale ni évocation des acteurs existants.

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Alcool, cannabis, conduites addictives : les cinq propositions de l’Anpaa

La consommation de substances psychoactives, licites et illicites, est à l’origine, chaque année en France, de près de 130.000 décès prématurés, dont 79.000 liés au tabac, 49.000 à l’alcool et 1.600 aux drogues illicites. Cette hécatombe a un coût pour la société estimé à près de 249 milliards d’euros par an, entre la prise en charge des soins, le coût de la répression, la perte de productivité ou encore la valeur des vies humaines perdues.

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Hôpital : libérer l’innovation

La robotique chirurgicale prend son essor

La chirurgie robotique est d’ores et déjà une réalité. Le fabricant américain Intuitive Surgical [1], leader du marché, recense à travers le monde 3.660 unités Da Vinci, 33.000 chirurgiens formés et 3 millions de patients opérés. Fin 2013, la France possédait elle-même 80 unités[2]. En matière de robotique chirurgicale, la French Tech n’est pas en reste : l’entreprise montpelliéraine Medtech, rachetée en juillet dernier par l’Américain Zimmer, commercialise une unité spécialisée dans les opérations du cerveau et de la moelle épinière. En septembre 2016, Medtech comptait plus de 70 hôpitaux et cliniques équipés, dont 10 en France. Son unité Rosa a déjà assisté plus de 4.000 opérations[3].

Pilotés par les chirurgiens, ces robots assurent la réalisation de chirurgies mini-invasives qui réduisent les risques d’erreur et d’infection, ainsi que le temps de récupération des patients. Ils travaillent au plus profond du corps sans contraintes d’axes ou d’angles, contrairement aux mains d’un chirurgien. Dans quinze ans, des chirurgies seront toujours réalisées par la main de l’homme, comme en orthopédie et en esthétique, mais d’autres, comme les interventions thoraciques et abdominales, seront la plupart du temps robotisées.

La robotisation ouvre la voie aux opérations à distance. En 2001, une équipe chirurgicale, basée à New York, a opéré avec succès une patiente hospitalisée au centre hospitalier de Strasbourg. Baptisée « Lindbergh », en hommage au premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique, cette intervention a été la première, et la seule à ce jour, à avoir été réalisée à longue distance. Le rapport coût/avantage rend peu probable le développement de tels actes à moyen terme.

Bientôt, des robots mobiles parcourront les couloirs des hôpitaux

D’autres types de robots s’apprêtent à faire leur entrée dans les établissements de soins. Une unité mobile, HOSPI-R, conçue par Panasonic, a obtenu cette année les agréments nécessaires pour une première commercialisation au Japon[4]. Cet automate sur roues est à la fois un outil de logistique, assurant la livraison de médicaments et de dossiers aux infirmières, et une borne d’information et de communication à l’usage des professionnels de santé et des patients. A ce jour, le rapport coût/avantage de ce type de robot encourage peu les établissements à passer commande. Le développement attendu de leurs fonctions et la baisse des coûts de production pourraient cependant faire décoller les ventes au cours des deux prochaines décennies.

De futures thérapies porteuses d’espoir

Les progrès des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) laissent entrevoir de nouvelles manières de guérir. Parmi les voies les plus prometteuses, qui concentrent aujourd’hui l’attention de milliers de chercheurs à travers le monde, on compte la génomique, l’immunothérapie, les thérapies cellulaires ou encore la nanomédecine. Dans ces disciplines, le rythme des innovations thérapeutiques va tendanciellement s’accélérer, obligeant les hôpitaux et les cliniques à gagner en flexibilité pour entrer dans une logique d’adaptation en continu.

Les thérapies géniques : un champ d’application large

En 2003, s’est conclu le premier séquençage intégral d’un ADN humain. Il aura fallu treize années de recherche, des milliers d’experts impliqués et un investissement de 2,7 milliards de dollars pour y parvenir. Depuis, porté par l’augmentation exponentielle des capacités informatiques et de nouvelles méthodes de numérisation, le coût des séquençages s’est littéralement effondré : 1 million de dollars en 2008, 10.000 dollars en 2011 et seulement 1.000 dollars aujourd’hui[5]. Pour Laurent Alexandre, président de la société DNA Vision, un séquençage complet de l’ADN humain reviendra, avant 2020, au prix d’une paire de jeans, « même non griffé ! [6] ».

Le prix ne sera bientôt plus un frein à la démocratisation du séquençage génomique. Nous anticipons donc une croissance exponentielle du nombre de personnes « séquencées », soit une explosion de la masse d’informations à disposition des chercheurs pour mieux comprendre le fonctionnement du génome. La tâche est titanesque mais les progrès exponentiels des capacités informatiques et de l’intelligence artificielle vont considérablement accélérer les processus de recherche. De l’alliance d’une meilleure compréhension de l’ADN et des progrès en matière d’édition génomique découlera une vague de nouvelles thérapies géniques[7]. A ce jour, plus de 2.400 essais cliniques sont en cours de réalisation[8].

La connaissance génomique va permettre d’instituer une médecine plus prédictive et préventive. La société 23andMe, basé dans la Silicon Valley, propose déjà au grand public, pour moins de 200 dollars, un séquençage partiel accompagné d’interprétations médicales. Son test, réalisé à partir d’un prélèvement salivaire, couvre déjà plus de cent conditions génétiques héritées impliquant un risque médical pour les individus ou leurs descendants. Début 2015, la Food & Drug Administration a notamment autorisé 23andMe à proposer un test génétique du syndrome de Bloom[9].

L’immunothérapie : une révolution attendue contre le cancer

Pour les espoirs qu’elle a fait naître dans la lutte contre le cancer, l’immunothérapie est considérée par la revue Science comme étant la plus importante avancée scientifique de l’année 2013. Elle consiste à modifier génétiquement des lymphocytes T, soit les défenses naturelles du corps, pour les orienter contre les cellules tumorales. En 2011, la méthode a réalisé un véritable bond en avant avec la guérison d’un patient leucémique. Depuis, des résultats encourageants ont également été obtenus sur certaines formes de mélanomes métastasés et de cancer du poumon. L’efficacité ne s’observe toutefois que sur un petit nombre de patients. La pratique n’est pas exempte d’effets secondaires pour les patients (fatigue, nausée, etc.).

L’enjeu est à présent d’étendre le traitement à d’autres types de cancer et, surtout, de parvenir à industrialiser ses processus. Des chercheurs y travaillent. Une méthode de production industrielle de lymphocytes génétiquement modifiés, adaptés à tous les patients, permettrait de faire chuter le coût de l’immunothérapie et d’entrevoir une diffusion à grande échelle.

Les thérapies cellulaires

Encore balbutiante, la médecine régénérative pourrait prendre son essor dans les décennies à venir. Nous sommes aujourd’hui déjà capables de « cultiver » en laboratoire des cellules prélevées chez un patient pour reconstituer certains organes qui peuvent ensuite leur être implantés. A ce jour, les succès cliniques en la matière concernent toutefois un nombre restreint d’organes (trachée, urètre, vessie, nez et vagin). La liste est appelée à s’allonger. L’objectif ultime est de pouvoir, un jour, concevoir des organes complexes de toutes pièces, comme le cœur.

Les nanomédecines

A l’échelle nanométrique, les propriétés physiques, chimiques et biologiques des substances et des matériaux évoluent. Ceux-ci deviennent plus résistants et plus réactifs, ce qui autorise des approches médicales novatrices. Les nanoparticules permettent ainsi une action physique et directe sur les cellules tumorales. A l’avenir, ce mode d’intervention pourrait permettre de traiter plus efficacement tous types de cancer, pour des coûts plus abordables que ceux des thérapies géniques individualisées. La nanomédecine peut également aider à améliorer l’efficacité des dispositifs de diagnostic et de dépistage, avec des tests plus ciblés, plus sensibles, plus rapides et plus fiables que les tests actuellement utilisés.

 

[1]. www.intuitivesurgical.com

[2]. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), «  Bilan de l’enquête concernant les robots chirurgicaux Da Vinci de la société Intuitive Surgical, à destination des professionnels de santé », février 2014, p. 1 (ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/7bbc135f1a183ab2873686b2175bb8b4.pdf).

[3]. www.medtech.fr

[4]. news.panasonic.com/global/topics/2016/45099.html

[5]. National Human Genome Research Institute (www.genome.gov/pages/der/seqcost2015_4.xlsx)

[6]. Laurent Alexandre, La Mort de la mort. Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité, JC Lattès, 2011, p. 61

[7]. Les premiers essais remontent aux années 1990, mais il n’y avait en 2014 que deux médicaments de thérapie génique commercialisés. Voir Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dossier « Thérapie génique », mars 2014 (www.inserm.fr/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/therapie-genique).

[8]. www.wiley.com/legacy/wileychi/genmed/clinical/

[9]. Food & Drug Administration (FDA), « FDA permits marketing of first direct-to-consumer genetic carrier test for Bloom syndrome », fda.gov, 19 février 2015 (www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm435003.htm).

Christophe Marques
Fondation pour l’innovation politique

Mutualisme : retrouver un récit qui fasse sens

L’évolution de nos sociétés témoigne d’une transformation incessante des mobilisations sociales. Les revendications sociales des années 70, qui se structuraient autour de syndicats puissants sans jamais disparaître, se sont enrichies de combats identitaires menés par des associations, au début des années 80. L’évolution des motifs  de revendications illustre le processus d’émancipation des individus de nos sociétés modernes. Les individus ne veulent pas être réduits à leur appartenance sociale, ils sont devenus « pluriels ».

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Seniors : des actions locales en faveur du maintien de l’autonomie

La loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a institué dans chaque département une conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées.
La Mutualité Française est membre de droit.

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L’accès aux soins dans les Hautes-Alpes

Plus d’un Haut-Alpin sur quatre renonce à se soigner pour des raisons financières ou à cause de l’éloignement géographique. On constate aussi un renoncement dû à la religion ou la culture. Par ailleurs, un euro sur deux n’est pas remboursé par l’assurance maladie, en médecine de ville, et la cotisation des mutuelles est en constante évolution, sous la pression des taxes.

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E-santé : une charte éthique s’impose !

Les profonds changements dans le domaine de l’e-santé concernent de plus en plus de Français. Objets connectés, applications pour smartphones, télémédecine… : il devient quasiment impossible d’y échapper quel que soit son âge et son état de santé. Le smartphone qui est le premier objet connecté possédé impacte à tous les niveaux notre vie.

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Prise en charge des « salariés aidants » : un défi pour les entreprises

Même si l’intrusion des aidants familiaux dans la sphère publique est relativement récente, leur prise en charge au sein des entreprises relève pourtant d’une réalité désormais solidement partagée par un nombre croissant de décideurs économiques. Développés par quelques entreprises pionnières au plan national et international, les processus d’accompagnement de ces salariés qui accompagnent un proche rendu dépendant par l’âge, le handicap ou la maladie se formalisent en effet de façon toujours plus affirmée et renforcée par l’urgence démographique actuelle et à venir.

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Pour une approche globale de la santé au travail

Le travail est source de bien-être : selon le baromètre MGEN-Solidaris, 66% des Français se sentent, de par leur travail, utiles aux autres et à la société, 77 % ont des relations agréables avec leurs collègues et 66% parviennent à concilier vie privée / vie professionnelle. Il est aussi source de mal-être : le stress concerne 50% des Français et l’alourdissement de la charge de travail, 66%. Cette ambivalence est connue. Le travail affecte nos vies et il est cause d’une part de notre bonne et de notre mauvaise santé. Pourquoi la France ne se dote-t-elle pas alors d’une stratégie claire, et surtout globale, de santé publique ? Tout le monde aurait à y gagner : les employés bien sûr mais aussi les employeurs, pour qui santé rime avec performance.

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Nesplora : la réalité virtuelle au service de la médecine

Les maladies mentales ou neurologiques affectent environ 20% de la population mondiale. Leur diagnostic n’est pas toujours simple à effectuer et encore moins à effectuer rapidement. Gema Climent, directrice de Nesplora, est partie du constat suivant : dans certains cas, il suffit d’exposer le patient à la source même de son malaise pour le diagnostiquer. Grâce à la réalité virtuelle, cette exposition est maintenant réalisable à l’aide du système VRMIND, mis au point par l’entreprise espagnole.

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