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Publié le 9 mars 2022

75 800

C’est le nombre annuel de décès par maladie cardio-vasculaire des femmes, deuxième cause de mortalité après le cancer en France

Chiffre de la semaine

En Europe comme dans les pays développés, les maladies cardio-cérébro-vasculaires sont la première cause de mortalité des femmes, devant le cancer. Elles sont responsables de 42 % des décès (contre 27 % pour les cancers) des femmes1.

Souvent considérées comme une maladie masculine, en France : les femmes en meurent dans 56% des cas contre 46 % des cas pour les hommes2. Ainsi, contrairement aux idées reçues, en France, les femmes meurent 8 fois plus de maladies cardiovasculaires que du cancer du sein : tandis que 75 800 femmes en moyenne meurent chaque année d’une maladie cardio cérébro-vasculaire3, le nombre de décès par cancer du sein est estimé à 11 900 par an4.

La tendance est à la hausse ces dernières années à cause de l’augmentation du tabagisme chez les femmes ainsi que de la sédentarité : 1 femme sur 5 est obèse, les femmes sont deux fois plus exposées à l’obésité que les hommes (1 homme sur 10 est obèse)5.

Il existe un réel délai de diagnostic. D’après une enquête menée en Angleterre, qui recense depuis 2003 tous les infarctus du myocarde (600 000) survenus dans 247 hôpitaux, une fois sur trois les médecins généralistes et les cardiologues n’avaient pas fait le diagnostic correct chez les femmes au début de la prise en charge6.

Parmi les facteurs d’explication : premièrement et d’après les données recueillies chez 500 000 femmes et 650 000 hommes, les symptômes atypiques sont présents chez 18 % des femmes et 13 % des hommes avant 45 ans, cela complique donc le diagnostic7. Deuxièmement, il existe davantage de recherches concernant les maladies cardiovasculaires chez les hommes. D’après une étude rétrospective menée en 2017, les femmes ont représenté 25 % des participants des essais cliniques entre 1987 et 2012.

Cependant les évolutions de ces dernières années montrent que globalement la participation des femmes aux essais cliniques est meilleure qu’auparavant : selon le registre international des essais Cependant les évolutions de ces dernières années montrent que globalement la participation des femmes aux essais cliniques est meilleure qu’auparavant : selon le registre international des essais cliniques (OMS/NIH), toutes pathologies et phases d’essais confondues, la participation des femmes est passée de 35 % en 1995 à 58 % en 20188.

 

1 – Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes – HCE (2017), La santé et l’accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité, Rapport, 2017

2 – HCE (2020), Prendre en compte le sexe et le genre pour mieux soigner – un enjeu de santé publique, Rapport, nov.

3 –  INSEE (2021), Causes de décès selon le sexe

4 –  HCE (2017), op. cit.

5 –  HCE (2017), op. cit.

6 –  HCE (2020), op. cit.

7 –  HCE (2020), op. cit.

8 –  HCE (2020), op. cit.